Plus de poilu pour le 11 novembre
On l'attendait tout naturellement parce que c'est dans la suite logique des choses. Et puis le voici :
Notre dernier poilu, c'était Lazare Ponticelli (cf le mort de la semaine). Et puis il s'en est allé le 12 mars dernier. Mais bon, on réalisait sans doute pas trop à ce moment-là le vide qu'il allait laisser derrière lui.
Un peu comme avec papy Gustave. Quand il est mort, on s'est dit "Papy Gustave, on l'a plus, c'est fini". Mais en fait, on n'avait pas pigé la portée de l'événement. C'est lors du repas familial qu'on fait aux alentours de Noël et pendant lequel il avait l'habitude de faire un discours rigolo qu'on s'est rendu compte qu'une page avait été tournée. On était tous réunis, en train d'attendre le discours traditionnel de papy Gustave. C'est quand on a réalisé qu'on n'aurait jamais plus droit au discours rigolo qu'on a perçu tout le poids de son absence.
Pour ce 11 novembre, c'est pareil. On n'aura pas de journalistes en train de tendre leur micro à un poilu survivant pour avoir un témoignage du genre "ah ouais, la grande guerre, on en a bien chié !" Nan, c'est fini ça. A partir de maintenant, il faudra se contenter des archives, des vieilles photos jaunies et des lettres avec les pleins et les déliés qui racontaient des histoires individuelles, et qui racontent désormais notre Histoire.
Donc aujourd'hui, en plus de faire la grasse matinée parce que c'est férié, on aura aussi une petite pensée pour tout ceux qui nous ont laissé des souvenirs de discours rigolos lors des fêtes de fin d'année en particulier et des témoignages de toute sorte en général, parce que derrière ces histoires, c'est notre Histoire qui s'écrit.
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