"Une séparation" de Asghar Farhadi

Publié le par Arno

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/mini/drame/une_separation,0.jpgTout le monde en parle. En bien.

 

Il a reçu des ours en or et en argent à Berlin.

 

Et puis ça vient d'Iran. Et comme on peut pas dire qu'on croule sous une avalanche de films iraniens et qu'on n'a pas envie de ne penser qu'à "Persepolis" (2007) de Marjane Satrapi quand on parle de cinéma iranien, bah c'est un peu l'occasion de voir ce que ce pays peut produire comme films. Bien que je vous avais parlé de "Le ballon blanc" (1995) de Jafar Panahi‏ aussi si vous vous rappelez bien...

 

Bref, c'est dans ce contexte que je me suis retrouvé au cinoche pour voir "Une séparation" (2010) de Asghar Farhadi.

 

Sans aucune autre info relative à ce film. Autant dire que je ne connaissais rien de l'intrigue. Juste une vague idée de ce que le titre pouvait laisser penser.

 

J'avais même pas vu la bande-annonce. D'ailleurs la voici :

 

 

La bande-annonce, elle est un peu speed comme ça, mais le film l'est pas du tout. Il est fluide comme il faut. Assez pour rentrer dans l'intrigue, et pas trop comme ces films qui nous font trop sentir qu'un film c'est 1h30 et puis c'est tout. Du coup, le générique de fin surprend un peu et on se dit qu'on serait bien resté encore un peu dans le film parce qu'on a l'impression d'avoir encore plein de choses à découvrir avec et de ces personnages. Ca doit d'ailleurs un peu contribuer à l'intérêt de la dernière scène que certains désignent comme le bon plan du film.

 

Seulement tu peux pas lutter contre un générique de fin. Alors tu te fais une raison et tu sors. Et une fois dehors, tu repenses à ces personnages, simples au premier abord, qui révèlent leur complexité au fur et à mesure que les drames qu'ils vivent les enferment de plus en plus dans des comportements stricts.

 

Pour Nader, dont la femme s'apprête à quitter, c'est le choix de se réfugier dans des valeurs telles que l'honneur lorsqu'il est accusé d'être responsable de la fausse couche de Razieh. Et de s'y enfermer au point de menacer encore un peu plus son mariage déjà fragile.

 

Pourtant, on sent chez lui le désir de faire des choix plus tournés vers ses proches que vers des principes. Mais sa lâcheté le poussera à faire porter la responsalité de ces choix sur sa fille qui est incapable de l'assumer.

 

Pour Razieh, femme pauvre et pieuse, c'est sa résistance face à la culpabilité qu'elle ressent en dissimulant une partie de la vérité concernant sa fausse couche et qui pourrait disculper Nader. Cette culpabilité qui la ronge de plus en plus au fur et à mesure que l'enquête progresse jusqu'à atteindre son paroxysme lorsque Nader lui demande de jurer sur le Coran qu'il est responsable de la perte de son enfant et qu'elle en est incapable de peur d'apporter le malheur sur sa fille.

 

Dans la progression de la pression que ressent Razieh, il y a de quoi faire un parallèle avec Raskolnikov dans "Crime et châtiment" de Dostoïevski. La comparaison est peut être trop généreuse. Mais personellement, la comparaison m'est venue naturellement.


En tout cas, je viens de développer un peu sur deux personnages, mais tous les personnages présentent un intérêt et plein de thèmes sont abordés dans ce film (le rôle des valeurs, le rôle de la femme, la famille, ...). Plein de scènes aussi avec plusieurs interprétations possibles pour élaborer sa propre vision du film.

 

Bref, un film qui attire l'attention, la retient et qui donne envie d'en parler pendant des heures.

Références :
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189616.html
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/06/07/une-separation-divorces-entre-classes-sociales-a-teheran_1533001_3476.html

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guillaume 19/07/2011 00:14



Cher Arno, je suis flatté.


Et votre billet donne plus envie de voir ce film que le mien !


Le blockbuster art et essai du moment vient de passer les 500.000 entrées France ! Méritées !


 



Arno 24/07/2011 17:51



Cher Guillaume, au risque de finir par se sucer la bite mutuellement, je trouve que votre article sur ce film est également très motivant pour aller le voir