"Heureuse ?" de Hélène Delavault

Publié le par Arno

http://www.webguichet.com/affiches/Webguichet-helene_delavault_-_heureuse__.jpgUne sortie un peu inhabituelle dernièrement. Pas de cinoche, pas de théâtre, pas d'expos de taggeurs. Mais du théâtre musical avec la chanteuse lyrique Hélène Delavault dans un spectacle qui s'intitule "Heureuse ?".

 

C'est venu comme ça, confortablement installé dans le canapé, avec ma bière fraîche à la main, Natacha qui me rejoint et qui me dit en me tendant un flyer "Je vais voir ce spectacle avec une copine, ça te dit de nous accompagner ?"

 

Je lis...

 

"Nous, les femmes, avons une fâcheuse tendance à chercher le bonheur essentiellement dans l’amour! L’amour qui se charge de nous empoisonner l’existence quand il est là, de nous manquer quand il n’y est pas, ou plus."

 

Oh pinaise ! Encore un truc de gonzesses ! J'avais déjà donné sévère avec les monologues du vagin et paf ! je me retrouve avec une nouvelle proposition pour un spectacle dans le même genre.

 

Et puis j'ai fini par céder. Pour diverses raisons. Par forcèment celles auxquelles vous pensez. Principalement, c'était en espérant m'ôter de la tête l'idée saugrenue que je ne peux pas être un minimum réceptif à un spectacle de gonzesses. Sans doute mon côté bobo (que vous pouvez appeler "berk berk", je ne m'offusquerai pas).

 

Une semaine plus tard, je suis assis au premier rang dans une petite salle du Lucernaire. Il y a autant de mecs que de nanas. Ca rassure.

 

Sur la scène, un piano, deux chaises. Un mec arrive sur scène, s'assoit sur le tabouret et se met à jouer. Ca doit être le pianiste. Puis Hélène Delavault arrive à son tour. C'est le spectacle qui commence.

 

Il durera un peu plus d'une heure. C'est ce qu'indiquera la montre une fois le spectacle terminé. Ce qui confirme ce qui avait été indiqué sur le flyer. Parce que sur place, on ne voit pas le temps passer.

 

D'autant plus que je m'étais royalement planté. Il ne s'agissait pas d'un monologue musical avec une comédienne qui nous sert de la dramaturgie poussive sur les femmes et l'amour du genre "Vous etes belle Héléna, si belle que vous regarder est une souffrance - hier vous disiez que c'etait une joie - c'est une joie, et une souffrance". Que dalle !

 

Au final, on a droit au charme de Hélène Delavault nous offrant un récital de vieilles chansons, détournées si ça peut les rendre encore plus drôles, et à des récits plein d'esprit racontés avec légèreté. Un régal.

 

A titre d'exemple, "Elle était souriante" :

 

 

 

Que Montel chantait en 1929 :

 

 

 

Une autre chanson que j'ai bien aimée, c'est "Si j'étais une cigarette" dont voici la version chantée par Eliane Embrun

 

Cette dernière chanson, chantée par Hélène Delavault, ça fait quelque chose. Surtout qu'à un moment, elle m'a regardé. Non mais sérieux, elle chantait "Si j'étais une cigarette - Tu me tiendrais entre tes doigts - Et sous le feu d'une allumette - Tu me ferais flamber pour toi" tout en me regardant.

 

Ben moi je vous dis, une femme comme Hélène Delavault qui vous chante ça en soutenant votre regard, y'a de quoi vous faire croire qu'il y a du Humphrey Bogart en vous. Et si elle avait enchaîné le second couplet sans détourner son regard, je crois bien que je serais monté sur la scène en balançant un "Play it again, Victorien" (le pianiste s'appelait Victorien) avant d'étreindre Hélène Delavault.

 

Mais elle a détourné son regard. Heureusement pour nous tous. Surtout pour Natacha. Parce que je ne sais pas comment j'aurais pu lui expliquer qu'il y a des femmes, dans certaines situations, auxquelles on ne peut pas résister.

 

C'est con, je sais, mais c'est comme ça. Ca tient à pas grand chose. Mais c'est ce pas grand chose qui fait toute la différence. Et quand il y est pas, bah il y est pas. Natacha, elle m'aurait chanté le même couplet, ça aurait pas eu autant d'effet. Ou peut être que si. Mais dans 30 ans.

 

Bref, le spectacle de Hélène Delavault, c'est un bon spectacle qui dure jusqu'au 6 mars et qu'il faut aller le voir parce que, au pire, on y passe un agréable moment, au mieux, on tombe amoureux.

 

Références :

http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php?option=com_content&task=view&id=789&Itemid=52

http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Delavault

Publié dans Culture

Commenter cet article