"Boogie" de Radu Muntean

Publié le par Arno

Le cinéma roumain continue de se positionner confortablement dans le paysage du cinéma contemporain. Et ça fait du bien quand la plupart des films français ont un goût de déjà vu et que les films américains nous resservent toujours le même plat.

Pour trouver quelque chose de nouveau, et depuis quelques années, on a donc cette vague de cinéastes roumains qui nous approvisionnent en films mélangeant agréablement dépaysement, réflexion et humour.

Pour rappel, voici ma petite sélection (non exhaustive) de films roumains qui ont su se faire remarquer :
2006 : "La Mort de Dante Lazarescu" de Cristi Puiu
2006 : "Comment j'ai fêté la fin du monde" de Catalin Mitulescu
2007 : "4 mois, 3 semaines, 2 jours" de Cristian Mungiu
2007 : "12h08 à l'est de Bucarest" de Corneliu Porumboiu
2008 : "California dreamin" de Cristian Nemescu (dont j'avais parlé ici)

Dernièrement est sorti "Boogie" (2008) de Radu Muntean et personnellement, je pense qu'il trouve toute sa place dans cette liste de films.

La bande annonce pour se donner une petite idée :



L'histoire est celle de Bogdan, surnommé Boogie (et interprété par Dragoş Bucur que l'on avait vu dans "La mort de Dante Lazarescu"), et de son amie Smaranda (interprétée par Anamaria Marinca, que l'on avait appréciée dans "4 mois, 3 semaines et 2 jours") qui passent le 1er mai à Neptun, une station balnéaire sur la mer noire, avec leur fils de 4 ans.

Alors qu'ils se promènent dans une rue de la station balnéaire, ils croisent
Penescu et Iordache, deux amis d'enfance de Boogie, qu'ils n'ont pas vu depuis trois ans. Boogie se réjouit de passer la soirée avec eux, mais ce n'est pas du goût de Smaranda qui préfère rentrer à l'hôtel et qui fait la gueule lorsque Boogie rentre tard. Pour la peine, Boogie décide de retourner voir ses potes et de retrouver sa liberté en buvant, fumant, draguant et passant la nuit avec une prostituée.


Le film est principalement constitué de plans-séquences (personnellement, j'adore) imposant une sensation de fluidité naturelle et accentuant le réalisme. D'ailleurs, la scène de ménage à voix basse pour ne pas réveiller le fiston qui dort dans la pièce à côté est un vrai régal (pour le spectateur, pas pour les personnages).

Par contre, toutes les scènes ne se valent pas. Celle dans la salle de bowling est juste sympathique et celle dans la discothèque est fade. Mais on retrouve des moments vrais lorsque Boogie et son pote Iordache sont sur le balcon en train de raconter leur parcours respectif avec une certaine amertume chez Iordache qui n'a pas aussi bien réussi que Boogie.

Un autre aspect intéressant dans le film est l'absence totale de jugement. Boogie, l'espace d'une nuit, va se laisser aller, mais aucun personnage ne le jugera (d'ailleurs sont-ils en position de le faire ?) et aucune culpabilité ne naîtra en lui (du moins dans l'immédiat). C'est un peu curieux quand on est habitué de voir généralement un message moralisateur dans tous les films. Mais là, rien. Et ça, ça fait du bien.

Bref, un très bon film qui parle d'amitié, de la crise de la trentaine, du passage à l'âge adulte sans porter aucun jugement sur les personnages. A vous de vous le faire !

Références :
http://ro.wikipedia.org/wiki/Boogie
http://ro.wikipedia.org/wiki/Radu_Muntean
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anamaria_Marinca
http://ro.wikipedia.org/wiki/Drago%C5%9F_Bucur
 
Critiques :
http://www.fan-de-cinema.com/films/boogie.html
http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/1244819820/article/boogie/
http://www.evous.fr/cinema/Boogie-les-sirenes-de-la-liberte,1580.html
http://eclats-de-dire.hautetfort.com/archive/2009/06/28/boogie-de-radu-muntean.html 

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