Festival de Cannes : "Amreeka" de Cherien Dabis

Publié le par Arno

Dans la catégorie la "Quinzaine des réalisateurs", on a droit à plein de films indépendants. Et ça c'est très bien !

Dans ceux que l'on pouvait voir avec Rachel, on a sélectionné "Amreeka" de Cherien Dabis.

Ca parle des problémes d'intégration de Mouna, une paslestinienne de Cishordanie, et de son fils Fadi aux Etats-Unis.

La bande annonce pour donner une idée de l'ambiance...



Perso, on a vraiment bien accroché. Les personnages sont très attachants. Avec un sens de l'humour assez attendrissant. Car malgré le thème dramatique de l'histoire, on sourit quand même beaucoup pendant le film. Essentiellement grâce à la naïveté de Mouna et de Fadi qui découvrent les codes de la société américaine.

Cependant, il ne s'agît pas d'une simple comédie et on nous sert également quelques messages politiques amenés assez subtilement et de manière pertinente.

 Ainsi, les juifs sont présentés comme des occupants, persécutant les palestiniens avec, comme dernière trouvaille, la construction d'une
barrière de séparation qui complique le quotidien de Mouna qui travaille d'un côté de la barrière et habite de l'autre côté et qui doit donc se soumettre chaque jour à un contrôle de ses papiers. C'est d'ailleurs cette situation qui motive Mouna et Fadi pour quitter la Cisjordanie.

 Les américains ne sont pas mieux présentés et leurs réactions face au terrorisme et à l'invasion de l'Irak par l'armée américaine sont synthétisées en mettant en avant des contradictions assez déroutantes.

Ainsi, un camarade de classe de Fadi explique que l'armée américaine est allée en Irak pour sortir les irakiens de la dictature et leur apporter la démocratie. Cependant, fier de cette démocratie qu'il soutient, il rejette le point de vue de Fadi quand ce dernier souhaite l'exprimer.

On a aussi le directeur de l'école qui, pour rassurer Mouna au sujet des réflexions que Fadi subit à l'école, lui fait remarquer que ce ne sont que des enfants et que l'amalgame entre musulmans et terroristes est juste un manque de discernement de la part de ses camarades de classe. Mouna fait alors remarquer qu'ils ne sont même pas musulmans. Démontrant ainsi que les adultes peuvent également manquer de discernement.

Une autre scène assez déroutante est celle où Mouna va au commissariat de police pour faire sortir son fils qui a été arrêté après s'être bagarré avec son camarade de classe (qui, soit dit en passant, méritait une bonne branlée depuis un petit moment). Elle tombe alors sur des flics complètement paranos qui tiennent absolument à mener une enquête, même si la plainte déposée par la famille du camarade de classe a été retirée, sous prétexte que, vu le contexte mondial et les craintes d'actes terroristes, ils prennent ce genre d'incidents très au sérieux.


Bref, beaucoup de choses intéressantes dans ce film. Que ce soit pour son côté comédie ou son côté documentaire par la façon de montrer le point de vue d'une palestienne sur le conflit israélo-palestinien ainsi que sur la mentalité américaine. Un film à voir.

Références :
http://www.amreeka.com/
http://www.evene.fr/cinema/films/amreeka-25680.php
http://www.imdb.com/title/tt1190858/

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