Vers un palmarès des dons pour les catastrophes

Publié le par Arno

Aujourd'hui, dans les news, je suis tombé sur une dépêche intitulée "Dons sur internet moins massifs pour Nargis que pour le tsunami". Dans l'article, ça détaille un peu plus, mais l'essentiel est dans le titre de la dépêche. Et donc voilà, parmi les infos du jour, on a une comparaison permettant de quantifier les réactions spontanées que les gens ils ont en voyant des catastrophes sur leur écran télé.

Alors dans l'article, ils détaillent les différents appels aux dons qui ont été lancés. Et au final (du moins, à l'heure actuelle), on arrive sur les chiffres suivants :

2004, tsunami (principalement) en Indonésie, 230.000 morts, plein de sous récoltés (pas d'estimation donné dans la dépêche).

2008, cyclone Nargis en Birmanie, on craint 100.000 morts, nettement moins de sous récoltés que pour le tsunami.

Alors là, c'est super intéressant comme info. Parce que sérieux, faudrait savoir ce qu'il se passe et pourquoi les gens ils donnent moins pour les birmans après qu'il se soient pris un cyclone dans la gueule que pour les indonésiens qui prennent une douche à la tsunami. Pour cela, Arno est là pour donner des pistes. Qu'est-ce qu'on dit ? On dit "merci Arno", bien sûr...

Piste 1 : Le rôle de la HD.

En 2004, la télé HD n'était pas encore super répandue. Maintenant, ça l'est un peu plus, mais pas tant que ça. Mais bon, on peut imaginer que ceux qui ont une télé HD, ils ont du fric, donc c'est eux qui peuvent donner de l'argent le plus facilement.

Ben si au final, les gens donnent moins que ce qu'ils avaient donné pour le tsunami, c'est que la HD n'a aucune influence sur la générosité des gens. Donc, ça sert à rien de filmer des catastrophes en HD, ça rend pas les gens plus généreux.

Piste 2 : La date de la catastrophe.

Le tsunami, en 2004, c'était quand ? Ben c'était le 26 décembre. Non mais sérieux, on était tous en train de bouffer comme des gros dégueulasses et à la télé, on nous montre quoi ? Des gens tout nus avec plus rien à manger et leur maison toute écrabouillée voir même volatilisée. Bref, plus rien. La zone totale. Nous, avec nos huîtres dans nos assiettes et l'odeur de la dinde qui cuit, forcèment, on culpabilise. Et vlan, pour se donner bonne conscience, on devient généreux et on file de l'argent.

Et puis là, on nous fout le cyclone Nargis le 2 mai 2008. En plein dans un week end de 4 jours !!! On est tous partis se balader pour profiter du beau temps. Du coup, forcèment, on traine pas trop devant la télé, on entend peut être juste les infos à la radio et puis c'est tout. Y'a pas de gros contraste avec notre dinde à Noël. Donc forcèment, on culpabilise moins.

Piste 3 : Le lieu.

L'Indonésie, c'est sympa. On peut y aller en vacances. Là-bas, le tourisme fonctionne bien. Donc parmi tous les gens qui peuvent donner de l'argent, il y en a forcèment qui y sont allés. Du coup, quand ils voient les images de l'hôtel où ils étaient complètement dévasté, ben ils ont un pincement au coeur. Du coup, la leur tire une larme et aussi un peu d'argent dans leur portefeuille.

La Birmanie, c'est pas super touristique. Là-bas, y'a une dictature. Du coup, forcèment, on sait pas trop comment ça va être gérer tout les trucs qu'on va envoyer là-bas. Déjà qu'il y a des scandales concernant des organisations qui se servent au passage. Alors si en plus c'est redistribué par des militaires dans un système dictatorial, ben y'a pas de quoi être super confiant.

Piste 4 : La concurrence.

En 2004, le tsunami a fait la une des media, super longtemps. Ils nous ont resservi les images du pays dévasté pendant des jours et des jours. Ca a même un peu gâché notre réveillon. Bref, ça nous a marqué super longtemps.

Aujourd'hui, avec le cyclone en Birmanie, on voit quoi ? Ben aujourd'hui, on apprend qu'il y a eu un séisme en Chine, dans la province du Sichuan. Du coup, on va vite oublier la Birmanie (alors que les premiers avions d'aide humanitaire arrivent enfin à y arriver), au profit de la Chine. Scoop oblige. Et ça, c'est pas de bol.




Bref, s'il faut retenir quelque chose de tout ça, ben ce sont des conseils qu'on pourrait se donner pour que la prochaine catastrophe soit un réel succès. Et pour cela, il suffit de suivre quelques règles très simples :

Règle 1 : Bien choisir la date de la catastrophe. Noël, c'est génial. Ca cartonne à fond. Eviter les jours fériés, surtout quand il y a un pont possible. Les vacances d'été, c'est peut être jouable aussi. Quand tout le monde est en vacances en train de bronzer. A tester...

Règle 2 : Choisir un pays pour lequel les gens peuvent avoir des attaches. Donc un pays touristique, c'est brillant. Un pays pas loin des donateurs, ça peut peut être aider, pour être sûr qu'il y a plein de gens qui ont pu y passer quelques jours.

Règle 3 : S'organiser de manière à ne pas avoir de recouvrement entre les catastrophes. Parce que sinon, on perd l'attention des donateurs. Ca, c'est vraiment tout bête, mais c'est important de le rappeler.

Donc voilà, on a quelques règles de base pour cartonner lors de la prochaine catastrophe. On va avoir un joli palmarès la prochaine fois. Moi je dis !

Publié dans Buzz

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